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Rubrique : Société

Comment parler de la mort aux enfants ?

Le 17 décembre 2015 17:20 par Dans Nos Coeurs

La mort est un sujet difficile à aborder. Si, entre adultes, c'est parfois délicat, face à un enfant, c'est encore plus compliqué… Alors comment faire pour lui expliquer sans le heurter ?

« Maman, le monsieur, il dort ou il est mort ? Mais ça veut dire qu'il va aller au ciel ? ». Face à certains événements de la vie difficiles à conceptualiser, les enfants ont souvent de jolies questions, naïves et innocentes. Quoi de plus normal ? Même si cela peut être déstabilisant pour les adultes, il va bien falloir leur dire la vérité, leur expliquer les choses. Panique ! Doit-on tout dire ? Comment le dire ? Comment s'y prendre pour ne pas les effrayer ? Nous allons tenter de vous éclairer.

À quel âge comprennent-ils ce qu'est la mort ?

Avant 2 ans, les enfants n'ont pas vraiment conscience de la mort. C'est après qu'ils commencent à comprendre ainsi qu'à se poser (et à vous poser) des questions, même s'ils ne saisissent pas forcément le caractère irréversible de cette réalité. D'après les psychologues, c'est à partir d'environ 8 ans que les enfants prennent progressivement conscience que la personne disparue ne reviendra jamais. Cette compréhension est liée à celle du temps qui passe et peut provoquer peur, inquiétude et angoisse. C'est pour cela qu'il est nécessaire d'en parler avec eux.

Comment leur en parler ?

Il faut, bien entendu, adapter son vocabulaire, mais il est important de parler de la mort aux enfants afin que ne viennent pas se greffer sur cette idée des fantasmes anxiogènes.

Quand les questions surviennent, les parents doivent s'efforcer d'employer au maximum des mots simples, clairs et adaptés. Plus simplement cette réalité sera abordée, moins les enfants en auront peur. Retournez-leur aussi les questions, pour qu'ils puissent donner leur avis et s'exprimer. Il est déconseillé d'employer des mots comme « endormi, parti etc. ». L'enfant risquerait d'associer cette idée au moment de son coucher par exemple ou de se dire que, si quelqu'un est parti, cela veut dire qu'il peut revenir. Il faut, avec tact et sensibilité, être le plus clair possible et parler sans tabou.

Il faut aussi éviter de dire que quelqu'un est mort parce qu'il était malade. À la première angine venue, votre petit pourrait croire qu'il va mourir. Dites, avec des mots simples, que cette personne est morte d'une maladie grave (en la nommant) et qu'elle n'a pas pu guérir. Rassurez-le tout de suite en lui expliquant aussi qu'on peut guérir de maladies graves. Le maître mot, c'est l'honnêteté. Il n'est pas nécessaire en revanche d'aborder le sujet de votre propre initiative : mieux vaut attendre que votre enfant le fasse lui-même. N'ayez crainte, cela arrivera bien assez vite !

Faut-il les emmener aux funérailles ?

Telle est la grande question. Il ne faut surtout pas forcer l'enfant en quoi que ce soit et respecter sa décision. S'il n'en parle pas, s'il ne manifeste pas le désir de vous accompagner, ce n'est pas la peine de l'emmener. À l'inverse, s'il vous en parle et qu'il veut voir, il ne faut pas hésiter. Bien entendu, cela concerne les cérémonies de personnes très proches comme bien souvent les grands-parents qui sont la première expérience en la matière pour les enfants. Il n'est pas nécessaire d'infliger ce genre d'ambiance à un enfant si le décès concerne la cousine du cousin du grand-père par alliance !

Si vous décidez d'emmener votre enfant, il faut l'accompagner dans cette démarche, lui expliquer les rites, lui proposer de dessiner ou de faire une lettre pour lui montrer que le lien spirituel n'est pas rompu. Ces étapes peuvent aider l'enfant à faire son deuil. Voir ce qu'il se passe facilite l'intégration et la digestion de l'information. Cela lui évitera aussi d'imaginer des choses fausses. Il est également important que les adultes aident les enfants à accepter la situation en racontant des anecdotes, en regardant des photos et en se rappelant les bons moments passés avec le défunt.
Faut-il montrer ce que l'on ressent ?

Il n'y a pas de deuil sans peine ni chagrin. Il faut que l'enfant comprenne qu'il a le droit de pleurer et d'être triste. Qu'il vous voie verser une larme n'a rien de honteux ni de choquant. Par contre, si vous êtes submergé par vos émotions, il faut avant tout vous occuper de vous-même et solliciter l'aide d'un tiers pour prendre le relais. Il est vraiment difficile, voire impossible, de tout gérer soi-même. Cela envoie aussi une image positive à l'enfant : parfois, lorsque les choses deviennent trop compliquées à gérer, on peut demander de l'aide. Il est important qu'il comprenne qu'il n'est pas seul dans ces moments-là et que partager sa peine l'aide à soulager son chagrin.


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