De l'arbre généalogique aux constellations familiales

Le saviez-vous ?

La généalogie est une belle façon de renouer avec le passé de ses aïeuls et de rouvrir le grand livre des histoires de famille. Revenons en quelques lignes sur l'histoire de cette tradition qui passionne.

La généalogie est une belle façon de renouer avec le passé de ses aïeuls et de rouvrir le grand livre des histoires de famille. Une activité que certains pratiquent pour le simple plaisir, d'autres pour mieux saisir leur place au sein de ce tissu intergénérationnel complexe…

Avec sa charge métaphorique puissante, l'arbre généalogique s'est depuis longtemps imposé comme l'archétype de la construction familiale au fil des âges. Puisant sa vitalité dans le terreau du passé et sa cohérence du tronc fédérateur de la famille, le végétal symbolique se ramifie et se dédouble pour donner naissance à une architecture de plus en plus complexe. Née dans l'Antiquité et généralisée au Moyen Âge, cette représentation s'associe aujourd'hui à un nouveau schéma plus psychologique, davantage recentré sur les individus : celui des constellations familiales…

Généalogie d'un arbre

Revenons en quelques lignes sur l'histoire de cette tradition qui passionne encore aujourd'hui les foules. L'intérêt de l'homme pour ses origines familiales s'est manifesté dès l'Antiquité, notamment dans la société gréco-romaine où le culte des ancêtres faisait partie intégrante de la vie des citoyens. Dans les maisons romaines, le laraire était un petit sanctuaire voué au culte familial et de nombreuses représentations ornaient les murs de la maison, figurant les liens entre les différents membres de la famille sous la forme de stemmata (dont le singulier, stemma, a donné le mot schéma), des arborescences généalogiques hiérarchisant les relations entre ascendants et descendants par des traits. Ce n'est que bien des siècles plus tard, au Moyen Âge, qu'est apparue la forme véritablement végétale de l'arbre, s'inspirant de l'épisode biblique de l'arbre de Jessé, qui représentait celui-ci portant un arbre sorti de son dos avec tous ses descendants. Peu à peu, la tradition est reprise par la société aristocratique qui utilise ces représentations pour mettre en valeur la noblesse de ses lignées et faire valoir ses pouvoirs.

Aux racines de la famille

Quelque peu oubliée au cours des décennies précédentes, la pratique de la généalogie a fait l'objet d'un fort regain d'intérêt sous l'influence de l'outil informatique qui en facilite grandement la tâche. À tout âge, jeune ou vieux, petit-enfant ou grand-parent, on peut désormais débuter ce passionnant travail de recherche pour établir son ascendance ou sa descendance. En généalogie, on définit la personne qui réalise son arbre généalogique sous le nom de « de cujus », une expression juridique latine désignant un sujet dont on établit la succession. Selon son âge et ses objectifs, l'arbre pourra prendre une forme ascendante, plaçant le sujet à la racine et grimpant de plus en plus dans les générations d'ancêtres, ou une orientation descendante, logeant le de cujus au sommet de l'arbre et descendant d'étage en étage vers les générations suivantes…

De la généalogie à la psychogénéalogie

On connaît aujourd'hui l'importance des liens familiaux dans la construction du moi, y compris les liens secrets ou invisibles qui se transmettent insidieusement de génération en génération. C'est en partant de ce constat que la psychologue Anne Ancelin Schützenberger a développé, dans les années 70, la théorie de la psychogénéalogie. Partant des dernières découvertes de la psychanalyse et de ses propres observations, elle a ainsi établi l'idée que nos comportements pathologiques seraient profondément influencés par les conflits et traumatismes vécus par nos ancêtres. Autour du sujet se tisse un complexe écheveau d'influences invisibles et d'héritages néfastes qu'il convient de démêler grâce à un ensemble d'outils qu'elle appellera « constellations familiales ». Dessins, jeux de rôles et exercices corporels sont ainsi mis en œuvre pour reconnecter le passé au présent, et mieux maîtriser l'influence du premier sur le second. Au cœur de ce processus, l'arbre généalogique est un socle précieux à partir duquel se matérialise la mémoire familiale du patient et dont ce dernier aura pour tâche d'éliminer une à une les « mauvaises branches »…


Commentaires

Chargement en cours...
Chargement en cours...

Chargement en cours...
Chargement en cours...