L’histoire des cimetières à travers les siècles

Lieux et objets du souvenir

La présence des cimetières depuis des milliers d’années montre l’importance de la place que l’homme accorde à ses ancêtres. L’évolution de la société et de ses lois a clairement influé sur l’histoire des cimetières, des plus anciens aux plus récents.

Les cimetières les plus anciens datent de bien avant le christianisme

Le terme de « cimetière » provient du grec « koimêtêrion » et signifie « dortoir ». Cela s’explique par le fait que dans la croyance chrétienne, le défunt n’est pas réellement mort, il attend seulement sa résurrection.

Bien avant la christianisation, l’Homme pratiquait le culte de la mort en enterrant ses défunts. Dès la Préhistoire, l’inhumation se pratiquait en des lieux symboliques, les protagonistes principaux (chefs, religieux) disposant d’édifices améliorés (nécropole, tumulus*). Certains cimetières sont très anciens et datent de plus de 16 000 ans.

L’histoire des cimetières dans la période antique

Durant l’Antiquité, les chrétiens sont inhumés à l’extérieur des cités, pour des raisons d’hygiène. Au Vème siècle avant J-C., l’application de la « Loi des Douze Tables » prévoit en effet que «L'homme mort n’est ni enseveli ni brûlé dans la ville ». Avec la chute de l’Empire Romain, les nécropoles sont peu à peu abandonnées au détriment des cimetières rapatriés au centre des villages, près des lieux de culte. Selon la croyance, la proximité du corps avec l’église déterminait le degré de protection de Dieu.

Par conséquent, les demandes d’enterrement à l’intérieur ou aux abords de l’église étaient nombreuses, bien que réservées dans un premier temps aux évêques, aux abbés et aux prêtres puis, plus tard, aux laïcs.

L’histoire des cimetières du Moyen-Âge à nos jours

Au Moyen-Age, les cimetières sont de grands espaces ouverts, peu à peu délimités par des murs. Au XVIIIème siècle, la présence des morts parmi les vivants est mal tolérée. Les sépultures retournent en périphérie des villes. En 1776, un décret royal interdit définitivement les sépultures dans l’église. A Paris, par exemple, face à la promulgation de cette loi et à la fermeture des cimetières de villes (Saint-Sulpice, Les Innocents), des cimetières sont créés, comme celui du Père Lachaise en 1804.

Le cimetière devient laïc et passe donc du ressort de l’église à celui de la commune. Que les cimetières soient anciens ou récents, ils restent avant tout des lieux de repos, de recueillement et de mémoire.

*la nécropole est un groupe de sépultures ; le tumulus est un amas artificiel de terre ou de pierres recouvrant une sépulture.

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