Les cimetières marins méditerranéens

Lieux et objets du souvenir

Un cimetière marin a la particularité de faire face à la mer. Parmi les plus connus de France figurent ceux de Sète, évoqués par les artistes Paul Valéry et Georges Brassens, de Bonifacio (Corse) ou encore de Gruissan (Aude).

Le cimetière marin de Sète

Deux cimetières importants jonchent le sol sétois : Le Py et le Cimetière marin.
Les origines du Cimetière marin (anciennement cimetière Saint-Charles) remontent vers 1680. Il accueillait dans un premier temps les ouvriers morts sur le chantier du môle Saint-Louis, placés dans une fosse commune. Le cimetière s’est agrandi progressivement pour atteindre aujourd’hui 4 hectares. 3 100 tombes (concessions perpétuelles) se trouvent dans ce cimetière prisé des familles sétoises. Plusieurs sépultures rappellent la relation particulière de la ville de Sète avec la mer.

Le 7 août 1945, le cimetière Saint Charles devient Cimetière marin, en hommage à Paul Valéry et son poème éponyme.
A l’opposé de la ville se trouve le cimetière du Py, qui donne sur l’étang de Thau. Ici se trouve la tombe de Georges Brassens. Le chanteur français avait exprimé de son vivant, dans sa chanson « Supplique pour être enterré à la plage de Sète », vouloir reposer à jamais à la Corniche, un pin parasol planté à côté de la tombe.

Le cimetière marin de Gruissan

Au cœur du Massif de la Clape se trouve le cimetière marin de Gruissan, appelé également « l’allée des naufragés ». Tout au long de la montée qui mène à la Chapelle Notre Dame des Auzils sont entreposés 27 cénotaphes, des tombes sans corps taillées dans des roches prélevées dans la Clape. Ces tombes rendent hommage à des marins gruissanais disparus dans les mers du monde. Trois pèlerinages ont lieu chaque année pour Pâques (hommage aux marins disparus), la Pentecôte (pour remercier Notre dame d’avoir stoppé le choléra) et le dernier dimanche d’août en prévision des vendanges (rite qui se raréfie).

Jadis, les pèlerins honoraient chaque cénotaphe lors de la montée jusqu’à la chapelle, véritable lieu de culte. Des siècles après, le Cimetière marin de Gruissan a conservé sa splendeur et attire de nombreux visiteurs.

Le cimetière marin de Bonifacio

Perché sur les falaises de la citadelle bonifacienne, dans la Haute-Ville, le cimetière marin Saint-François est remarquable. Visité par un demi-million de personnes par an, il se distingue par ses mausolées s’apparentant à de petites chapelles blanches, tournées vers le soleil couchant. Dans cette ville miniature façonnée d’allées et de places reposent des marins corses, certains l’étant devenus faute de n’avoir pu cultiver une terre trop peu fertile.

Au cœur du cimetière marin de Bonifacio se trouvent l’Allée de la Sémillante et la Place de Crimée, qui rappellent le naufrage du 18 février 1855 au large des îles Lavezzi (sud de Bonifacio). La frégate Sémillante de la marine française quitta Toulon la veille pour rejoindre la Crimée, afin d’apporter des renforts à l’armée française contre la Russie. Pris dans une violente tempête, le bateau heurta un roc puis coula, avec quelques 700 hommes à son bord.

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