Cimetière et religion, quelle relation ?

Lieux et objets du souvenir

Depuis 1881, le cimetière est considéré comme un lieu public et laïc. En principe, la religion ne devrait donc pas y avoir sa place. Alors pourquoi parle-t-on de cimetière musulman ou encore de carré juif par exemple ? Explications.

Pas de cimetières de religions …

La loi du 14 novembre 1881 dite « sur la liberté des funérailles » a posé le principe de neutralité des cimetières. Ainsi, aucun signe ou mention spécifique ne doit être accordée à quelconque confession, si ce n’est sur les tombes elles-mêmes. Cette législation du cimetière a été confortée par la loi de 1905 sur la séparation de l’Etat et de l’Eglise.

Un cimetière ne peut donc être que confessionnel si sa création est antérieure à 1881. La loi interdit par ailleurs tout agrandissement de ce type de cimetière.
Par conséquent, il est inapproprié de parler de cimetière chrétien, musulman ou juif, termes pourtant fréquemment utilisés. Dans la même logique, les carrés confessionnels n’ont pas lieu d’être, comme en témoigne la circulaire du 19 février 2008.

… Mais des religions dans les cimetières

Cependant, en vertu de ses pouvoirs, le maire peut librement accepter le regroupement de sépultures par confessions, parfois sur demande des familles. Dans ce cas, la zone ne doit pas ni explicitement mentionner l’appartenance à une religion déterminée, ni être matériellement délimitée.

Le terme « carré » peut en ce sens être problématique puisqu’il implique l’existence d’une démarcation finalement perceptible qui catégorise et discrimine les défunts selon leur lien ou non avec la religion. Ceci explique en partie pourquoi 80% des corps de résidents musulmans sont rapatriés dans le pays d’origine pour célébrer les obsèques dans le cadre du rite funéraire musulman.

L’exception de l’Alsace-Moselle

Annexée par la Prusse en 1870, la région n’a pas été touchée par les lois de 1881 puis 1905. Par conséquent, le régime du Concordat sous Napoléon 1er a été conservé : « dans les communes où l'on professe plusieurs cultes, chaque culte a un lieu d'inhumation particulier ».

En 2012 a ainsi été inauguré le cimetière musulman de Strasbourg, bien que l’islam ne soit pas reconnu comme l’un des quatre cultes pouvant bénéficier d’un cimetière ou d’un « carré » confessionnel en Alsace-Moselle, d’après la circulaire du 19 novembre 2008. La communauté musulmane, quant à elle, s’est réjouie de cette initiative bénéfique à l’intégration.

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