L'enterrement écolo

Le saviez-vous ?
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L'écologie a mis du temps à s'imposer parmi nos centres d'intérêt, mais elle s'insinue aujourd'hui dans tous les domaines de notre vie... ou de notre mort. Peut-on se soucier de notre environnement même après notre disparition ?

L'écologie a mis du temps à s'imposer parmi nos centres d'intérêt, mais elle s'insinue aujourd'hui dans tous les domaines de notre vie... ou de notre mort. Peut-on se soucier de notre environnement même après notre disparition ?

Si certains souhaitent avant tout laisser leur marque dans l'Histoire, d'autres désirent, à l'inverse, laisser le moins de traces possibles de leur passage sur Terre, au moins dans leur environnement. Peu à peu, les préoccupations écologiques se fraient ainsi un chemin jusqu'aux funérailles. Il faut dire que notre dernière demeure n'est pas moins polluante que les précédentes, loin s'en faut...

La mort au naturel

Arborés, fleuris, les cimetières ont compté – et comptent encore parfois – parmi les espaces verts urbains. Toutefois, nombre d'entre eux se sont peu à peu bétonnés, et le moindre brin d'herbe peine aujourd'hui à pousser entre les pierres tombales et les allées de gravier. La verdure a fait place au minéral, ce qui participe également à la création « d'îlots de chaleur », élevant insidieusement mais sûrement la température des villes. Toutefois, le principal problème découle de l'embaumement : en effet, afin de conserver le corps dans le meilleur état possible, on le maintient au froid et l'on injecte parfois des formaldéhydes. Très efficaces quand il s'agit de ralentir la décomposition naturelle, ces produits n'en sont pas moins toxiques. On manque actuellement d'études sur l'impact de leur libération progressive dans le sol et les nappes phréatiques, mais la préoccupation va croissant parmi les écologistes.

Les alternatives

Aux États-Unis, en Australie ou encore en Grande-Bretagne, on assiste actuellement au développement des cimetières naturels. Oubliés les mausolées et autres cryptes : dans ces grands parcs, l'homme entre en communion avec la nature. Les cercueils sont biodégradables, et bien sûr non traités, les pierres tombales se font discrètes – voire inexistantes –, et les embaumements sont proscrits. Certains lieux dédiés autorisent même à se passer purement et simplement de cercueil : poussière, tu retourneras à la poussière.

En France, le choix est simple : crémation ou inhumation. En l'absence de cimetières naturels, la première solution est sans doute la plus respectueuse de l'environnement. Les cercueils bio commencent d'ailleurs à rassembler des adeptes. Les modèles en carton ou en amidon de maïs, par exemple, brûlent plus rapidement que leurs homologues en bois (45 minutes contre 2 à 4 heures). Reste l'après. Sans surprise, on oublie les urnes en métal pour leur préférer les fibres naturelles. Il existe des forêts où l'on peut enfouir une urne biodégradable au pied d'un arbre, qui s'en nourrira bientôt : une façon poétique d'accéder à une seconde vie.

Et demain ?

Inutile cependant de le nier, la crémation réclame beaucoup d'énergie. De plus, elle dégage des dioxines et du mercure. Plusieurs méthodes sont actuellement à l'étude afin d'améliorer notre bilan énergétique posthume. Certains préconisent de recycler la chaleur dégagée par la combustion en s'en servant pour chauffer des locaux, mais cela ne règle pas la question des émanations gazeuses. D'autres mènent des recherches pour remplacer la combustion par d'autres modes de dégradation des tissus. La congélation pourrait s'avérer être une alternative valable : en plongeant un corps dans l'azote liquide, on peut ensuite le réduire en cendres, ou plutôt en minuscules particules. En Écosse, un processus consistant à tremper la dépouille dans une solution alcaline est en cours d'expérimentation, et les premiers résultats sont très prometteurs puisque la « resomation » permettrait d'économiser jusqu'à 85 % d'énergie. Bientôt, nous ne marquerons plus que les esprits !
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