Les funérailles aussi se mettent au vert

Le saviez-vous ?
Chargement en cours...
Chargement en cours...

Depuis le capitonnage intérieur du cercueil jusqu'à l'entretien du cimetière, la gestion des obsèques compose aujourd'hui de plus en plus avec l'incidence environnementale.

De la terre à la terre

Le caractère aseptisé et ordonné dû à l'omniprésence minérale peut être ressenti en entrant dans un cimetière. Des stèles de marbre et de granit s'alignent alors en rangées bien droites le long d'allées de graviers. Pour empêcher la nature de reprendre ses droits, les communes font fréquemment appel aux pesticides, polluant le sol au passage.

Cependant, les mœurs évoluent. Alors qu'autrefois la présence d'herbe près des tombes était assimilée à une négligence, certaines municipalités font dorénavant le choix de végétaliser leurs allées. Dans le cadre de sa démarche « zéro pesticide », Strasbourg a par exemple entrepris d'enherber les neuf cimetières de la ville depuis 2011.

La commune de Niort est, elle, allée plus loin encore en ouvrant en 2014 un cimetière dit « naturel ». Ici, non seulement la pelouse a remplacé les gravillons, mais même la préparation du corps doit être écologique. Car les produits d'embaumement très toxiques comme le formaldéhyde finissent eux aussi par retourner dans le sol…

Le cimetière naturel refuse donc la thanatopraxie
. De même, le défunt doit être revêtu de fibres naturelles et le cercueil (tout comme l'urne funéraire) fabriqué en matériaux recyclés et biodégradables ou en bois non traité issu d'une forêt française.

À noter : afin de promouvoir ce type d'initiatives, Natureparif, l'agence régionale pour la nature et la biodiversité en Île-de-France, a publié au printemps un guide pratique "Conception et gestion écologique des cimetières", téléchargeable gratuitement en ligne.

Un cercueil qui cartonne !

Avec l'essor de la crémation, de nouveaux cercueils en carton
se sont par ailleurs développés. Non seulement, ils sont plus respectueux de l'environnement dans la mesure où ils sont fabriqués en fibres recyclées et sans métaux ni vernis ni colle chimique, mais en plus ils sont bien moins chers. Comptez entre 400 et 600€ contre 800 à 3000€ pour un cercueil classique en bois.

Toutefois, faire respecter ses dernières volontés écologiques n'est pas toujours évident. En l'occurrence, de nombreux crématoriums refusaient jusqu'à présent de traiter ce type de contenant au prétexte que cela pouvait poser des problèmes de sécurité. Alerté du problème, le ministère de la Santé a donc publié un arrêté visant à agréer le « carton alvéolaire, épaisseur 25,5 mm » comme matériau autorisé pour la fabrication de cercueils destinés à la crémation. Un texte qui devrait faciliter les démarches des proches face aux crématoriums réticents.

En ce qui concerne l'inhumation, si le bois était déjà la règle d'or, l'effort environnemental consiste ici à remplacer le vernis toxique par des produits de finition à l'eau ou encore d'opter pour un capitonnage 100% biodégradable.
Chargement en cours...
Chargement en cours...