Le don d'organe après le décès

Parce qu'un donneur décédé peut sauver jusqu'à quatre à sept vies, les mesures de don d'organe ne sont pas à prendre à la légère. Seul un tiers des patients en attente de greffe aura la chance d'en bénéficier.

Parce qu'un donneur décédé peut sauver jusqu'à quatre à sept vies, les mesures de don d'organe ne sont pas à prendre à la légère.

En 2012, près de 16 000 Français attendent inlassablement une greffe. Seul un tiers d'entre eux aura la chance d'en bénéficier tandis que 250 ne finiront malheureusement pas l'année.
Pourtant, les dons d'organes post-mortem pourraient être multipliés par deux si les défunts avaient mieux communiqué avec leur entourage de leur vivant.

Les conditions

Seule la mort encéphalique, c'est-à-dire la destruction totale et irréversible des fonctions du cerveau, du cervelet et du tronc cérébral, d'un individu peut conduire à une greffe d'organe.

Elle survient généralement après un AVC ou un traumatisme crânien grave et représente environ 3 000 décès par an en France, soit une infime partie de la population. Il n'y a pas de condition
d'âge ou de santé requise, même si les coeurs de plus de 60 ans ne sont généralement pas utilisés.

Les enfants sont également des donneurs potentiels, et leur consentement, s'ils l'ont
exprimé durant leur courte existence, est également pris en compte. Si le défunt n'a pas officiellement manifesté son opposition au don d'organe en s'inscrivant au registre national des refus(RNR) géré par l'Agence de la biomédecine, c'est à son entourage de prendre la décision, dans des conditions difficiles et un laps de temps très limité.

L'équipe de coordination hospitalière du prélèvement se base sur les traits de caractère, les propos et les actions de la personne disparue pour tenter de connaître son point de vue sur la question. En cas de doute, les proches s'opposent généralement à l'intervention, et leur décision est dans tous les cas irrévocable, car même la carte de donneur n'a pas de valeur légale.

Comment ça se passe ?

Une fois que la mort encéphalique est constatée par deux médecins différents, comme le veut la loi, l'activité cardiaque et respiratoire est maintenue de manière artificielle durant quelques heures
afin de préserver le bon fonctionnement des organes sains susceptibles d'être prélevés. Pendant ce temps, une infirmière recherche l'éventuelle opposition au don d'organe du défunt en interrogeant
notamment ses proches.

Si le consentement de la famille est obtenu, une série d'examens vérifie les éventuelles contre-indications au don et analyse minutieusement l'état des organes. Cette étape permet de déterminer les receveurs compatibles afin de répartir les greffons. Une fois que le Service de régulation et d'appui de l'Agence de biomédecine a fait son choix, le prélèvement peut avoir lieu. Peuvent être retirés les reins, le foie, le coeur, le poumon, le pancréas, ainsi que les cornées, des parties de l'intestin, des os, des tendons et des artères...

Les prélèvements s'effectuent par des professionnels au bloc opératoire dans les mêmes conditions que pour une personne vivante. Les plaies sont refermées par des points de suture et recouvertes de pansements, comme après tout acte chirurgical, et des lentilles, prothèses et matériaux synthétiques sont intégrés de manière à ne laisser aucun signe d'intervention apparent.

Les organes sont ensuite transmis aux malades en attente de greffe, inscrits sur liste d'attente. Sont prioritaires les enfants et les cas d'urgence, comme les receveurs en fin de vie. Si le don d'organe est anonyme, les familles des donneurs décédés peuvent être informées, si elles le souhaitent, du résultat des greffes.

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