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Préparer mes obsèques

Respiration artificielle, coma, soins palliatifs… Pour exprimer ses vœux au cas où le pire arriverait, il existe une solution : les directives anticipées.

Respiration artificielle, coma, soins palliatifs… Des mots qui font peur et qui évoquent bien souvent l'incertitude. Pour exprimer ses vœux au cas où le pire arriverait, il existe une solution : les directives anticipées.

La fin de vie est une source d'angoisse pour nombre d'entre nous. Que se passera-t-il si l'on n'est plus en mesure de faire part de ses souhaits ? Comment s'assurer que ses consignes seront respectées en cas d'accident ? Par-delà la question de l'euthanasie, le cas de Vincent Lambert a mis en lumière l'importance de faire connaître ses choix. Depuis 2005, la loi Leonetti dispose que « toute personne majeure peut rédiger des directives anticipées pour le cas où elle serait un jour hors d'état d'exprimer sa volonté. Ces directives anticipées indiquent les souhaits de la personne relatifs à sa fin de vie concernant les conditions de la limitation ou l'arrêt de traitement. »

Peu connu, ce protocole permet de faire entendre sa voix et de participer aux décisions médicales nous concernant même lorsque l'on n'est plus physiquement en mesure de le faire. Concrètement, il consiste à exprimer par écrit ses volontés en matière de soins : que l'on s'oppose à l'acharnement thérapeutique ou qu'au contraire, l'on désire être maintenu en vie le plus longtemps possible et par tous les moyens, le fait de le stipuler par écrit permet de libérer ses proches d'une responsabilité très lourde en les guidant, ainsi que le personnel soignant, vers une issue qui respecte le patient. Cette déclaration prévaut en effet sur tous les autres avis, sans toutefois contraindre la liberté du médecin, auquel elle sert d'indication.

Pour écrire ses directives anticipées, on peut télécharger un formulaire sur le site de l'Assurance maladie ameli.fr : il a l'avantage de détailler différents cas de figure auxquels on ne pensera pas forcément soi-même. Il est également possible de les rédiger sur papier libre. Dans tous les cas, elles doivent être datées, signées et comporter les nom, prénoms, date et lieu de naissance de l'auteur. Pour que la déclaration soit valable, il faut également que la personne concernée soit majeure et capable de comprendre les implications de ses choix. Si l'on demande à un médecin de glisser le document dans son dossier médical, on peut également le solliciter afin qu'il atteste de ce dernier point.

Si l'on ne peut pas rédiger soi-même ses directives, on peut faire appel à deux témoins, choisis parmi des personnes de confiance, qui pourront dès lors confirmer la volonté du malade. Ils devront indiquer leur nom et qualité et joindre leur attestation aux directives.

Il faut également savoir que les directives anticipées sont révocables à tout moment. Afin de garantir qu'elles sont toujours en adéquation avec les vœux du malade, elles doivent d'ailleurs dater de moins de trois ans pour être prises en compte par le médecin. Il faut donc les renouveler régulièrement. Pour ce faire, il suffit de préciser sur la première version que l'on confirme son choix, de dater et de signer. Si tel n'est pas le cas, on peut en rédiger une nouvelle, la précédente devenant obsolète d'elle-même.

Reste à savoir qu'en faire : la loi ne prévoit pas de modalités de conservation. On peut donc, comme nous l'avons vu, confier ses directives à son médecin traitant, mais aussi à une personne de confiance, l'important étant de s'assurer qu'elles resurgiront au moment où le besoin s'en fera sentir.

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