Les rites funéraires chez les Gaulois

Souvenirs de notre histoire

Nos ancêtres les Gaulois avaient un rapport étroit avec la mort. De fait, un soin particulier était apporté au déroulement des funérailles, afin de respecter au mieux le défunt.

Qui sont les Gaulois ?

Au IVème siècle avant J-C., les Celtes, peuple d’Asie Centrale, occupent une majeure partie de l’Europe et cherchent à élargir leur territoire vers l’Atlantique. Ces mêmes Celtes sont nommés dans la littérature grecque "Galate", qui signifie "les envahisseurs". En latin, "Galate" devient "Galli" puis, avec les siècles, se transforme en "Gaulois".

Les Gaulois constituent alors un ensemble de peuples habitant le territoire que Jules César, empereur romain, avait qualifié, une fois conquis, la "Gaule". L'appellation "Gaulois" sera essentiellement utilisée pour qualifier une personne s’étant installée sur le territoire, tandis que le terme "Celte" reste avant tout associé à un colon.

Rites de la mort en Gaule

La coutume des Celtes était d’enterrer les morts avec toutes sortes d’objets, ce qui tendrait à témoigner aussi d’une croyance dans la vie corporelle des morts. César, dans son ouvrage « La Guerre des Gaules », nous indique que « les funérailles des Gaulois sont magnifiques et somptueuses eu égard à leur degré de civilisation. Tout ce que, dans leur opinion, le mort aimait, est jeté au bûcher, même les animaux, et il y a peu de temps encore, il était d’usage dans une cérémonie funèbre complète, de brûler les esclaves et les clients qui lui avaient été chers en même temps que lui ».

Au Haut Empire [qui débute en 27 avant J-C], la crémation est donc la pratique dominante. Cependant, les enfants décédés avant l’âge de 6 mois voire d’un an ne sont jamais brûlés, mais placés dans un coffrage de bois ou de pierre ou dans une céramique à parois hautes. Les bûchers sont aménagés à même le sol, ou à l’intérieur d’une grande fosse rectangulaire. La crémation du mobilier avec le mort devient la norme. Les objets sont disposés par catégories (vases en terre, en verre, dépôts carnés, etc.), soit sous le corps, soit à côté.

Certains sites mettent en évidence des rituels d’accompagnement, illustrés par des fosses renfermant de la vaisselle brisée et parfois des restes carnés et végétaux. Certaines d’entre elles contiennent parfois des vases miniatures. La pratique d’un repas symbolique funèbre ou commémoratif est probable.

Puis, la crémation marque le pas et devient exceptionnelle au IIIe siècle dans le sud et au IVe siècle dans les autres régions. L’inhumation domine alors dès cette période. Les coffrages de tuiles à toit plat ou en bâtière, ou de moellons ainsi que le cercueil de plomb apparaissent, comme le sarcophage en pierre. Le dépôt du mobilier peut ponctuellement disparaître, mais en général vases, dépôts carnés (porc ou volaille) et lampes accompagnent le corps du défunt et constituent les objets les plus fréquemment rencontrés. *

Le destin tragique d’un célèbre Gaulois : Vercingétorix

Chef gaulois fédérateur, il est connu pour s’être opposé ardemment à la conquête de la Gaule par Jules César. Après une victoire probante à Gergovie (proche de Clermont-Ferrand) en juin 52 avant J-C., il est défait par les Romains à Alésia (octobre de la même année), bataille au cours de laquelle il subit la supériorité stratégique des troupes de César.

Vercingétorix déposera finalement les armes et restera captif de César jusqu’en 46 avant J-C., qui marque le triomphe final de l’empereur romain sur la Gaule. D’après plusieurs historiens, il aurait été exhibé sur la place publique comme trophée avant d’être mis à mort.

Vercingétorix reste de nos jours un personnage historique encore difficile à cerner : son nom, sa naissance, les conditions de sa captivité ou sa disparition trouvent à travers les récits des versions différentes.

Anecdote : la naissance des irréductibles Gaulois

La résistance des Gaulois, incarnée notamment par Vercingétorix, est à l’origine de la création du personnage d’Astérix et du village de ses irréductibles compagnons.

C’est dans un climat joyeux qu’en 1959, Uderzo et Goscinny lancent l’histoire d’Astérix qui s’illustre comme l’opposant farouche gaulois qui ne s’est jamais présenté face à César de son existence. D’où l’idée de le rendre irréductible … grâce à la fameuse potion magique. Une sorte de revanche sur l’Histoire qui dénote d’un certain chauvinisme assumé par ses créateurs.

Cette marque de résistance trouvera sa place jusque dans l’espace puisque le premier satellite français envoyé le 26 novembre 1965, en pleine Guerre Froide, portera le nom d’Astérix…

*Source INRAP (Institut national de recherches archéologiques préventives), 2007

Chargement en cours...
Chargement en cours...