La place des femmes dans le funéraire

Le funéraire sans tabou

Pendant longtemps astreintes à participer uniquement à l’accompagnement et au deuil, les femmes sont entrées peu à peu dans un secteur très masculin.

Des raisons historiques, culturelles et sociétales

Dès l’Antiquité, les femmes sont seulement assignées aux rites de deuil. Cela est parfois expliqué par des textes anciens qui placent les femmes comme des « pleureuses », incapables de masquer leurs émotions. Elles resteront ainsi éloignées des funérailles, encore plus avec l’arrivée de la religion chrétienne dans les rites funéraires. Pendant des siècles, la femme a donc été associée à l’obligation de porter le deuil. Jusqu’au début du XXème siècle, les obsèques sont restées du ressort de la religion.

Puis le monde du funéraire s’est développé après la séparation entre l’Eglise et l’Etat. Il n’a toutefois pas été immédiatement question de professionnalisation du secteur.

De fait, lorsque les activités funéraires se sont commercialisées, les postes étaient très majoritairement ouverts aux hommes, et ce constat va alors plus loin que la sous-représentativité des femmes sur le marché des actifs. Beaucoup de corps de métiers, à l’image des menuisiers, ébénistes ou marbriers, existaient au travers de sociétés familiales léguées de père en fils.

Puis, le développement des agences de pompes funèbres, conjugué à celui des services périphériques (fleuristes par exemple) a contribué à la féminisation du secteur. Conseillères, vendeuses, psychologues, les femmes semblent plus destinées à devenir actrices durant le processus d’accompagnement.

La femme comme repère

En effet, les femmes sont généralement plus ouvertes à l’échange, au dialogue, et dans le cas d’un décès, elles sont armées pour venir en aide aux familles endeuillées, pour les rassurer, les consoler. La perte d’un être cher est un moment délicat, et la tendresse d’une femme, son empathie, sa douceur, sont des atouts presque naturels qui sont recherchés.

La prise de conscience de l’accompagnement dans le funéraire a conduit à ce que les femmes accèdent de plus en plus à des postes de conseiller funéraire, de maitre de cérémonie ou de responsables d’agences. D’autres ont choisi la voie de l’auto entreprenariat, pour apporter des idées nouvelles et un regard différent sur la mort, comme le souligne Anne-Sophie Tricart, directrice de dansnoscoeurs.fr : « L’avènement des associations et des groupements d’aide ainsi que le développement des services sur le web ont permis une approche plus humaine et plus sensible qui ont bénéficié aux femmes ».

Mais ce qui compte avant tout, c’est de permettre aujourd’hui à chacune de pouvoir exercer le métier qu’elle souhaite. Et même si cela passe par une carrière de croque-mort. Personne ne vous en tiendra rigueur.

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