Le Soldat inconnu

Souvenirs de notre histoire

Il gît depuis le 11 Novembre 1920 sous l’Arc de Triomphe à Paris et symbolise la perte de plus de 1.400.000 soldats français durant la Première Guerre mondiale. Mais qui est-il vraiment ?

Il gît depuis le 11 Novembre 1920 sous l’Arc de Triomphe à Paris et symbolise la perte de plus de 1.400.000 soldats français durant la Première Guerre mondiale. Chaque année, sa tombe est fleurie lors des commémorations du 11 Novembre. Mais qui est-il vraiment ?

Un inconnu comme symbole

A la fin de la Première Guerre mondiale (1914-1918), la France enregistre un nombre record de soldats tombés sur le champ de bataille. Il en devient impossible de rendre hommage à chacun d’entre eux. C’est en 1916, en pleine guerre, alors que de nombreux hommes sont déjà morts, que François Simon, président du Souvenir français, déclare : « Pourquoi la France n'ouvrirait-elle pas les portes du Panthéon à l'un de nos combattants ignorés, mort bravement pour la patrie, avec, pour inscription sur la pierre, deux mots?: « un soldat »?; deux dates?: « 1914-1917 » ? Cette inhumation d'un simple soldat sous ce dôme, où reposent tant de gloires et de génies, serait comme un symbole?; et plus, ce serait un hommage rendu à l'armée française toute entière ». De cette déclaration jaillit l’idée du Soldat inconnu. Ce n’est pourtant qu’après la guerre que celle-ci va prendre forme.

Le choix du lieu… mais surtout du soldat

En 1919, la Chambre des Députés opte pour le transport du corps d’un Soldat inconnu au Panthéon, en même temps que Léon Gambetta (1838-1882), homme politique français et président de la Chambre des députés à la fin de sa vie. L’idée ne séduit nullement les blessés et traumatisés de guerre, qui exigent que le corps soit inhumé à l’Arc de Triomphe, plutôt qu’au Panthéon qui honore davantage les personnalités politiques et civiles. Face à ces tensions naissantes, le 8 novembre 1920, la Chambre vote une loi mentionnant l’inhumation à l’Arc de Triomphe.

André Maginot, alors ministre des Pensions, va présider la cérémonie de désignation du Soldat inconnu. Elle a lieu le 10 Novembre 1920 à la citadelle de Verdun, véritable centre logistique durant la Grande Guerre. Un jeune soldat de vingt et un an répondant au nom d’Auguste Thin est désigné pour choisir le corps anonyme du soldat transféré à l’Arc de Triomphe. Sélectionné en dernier recours pour pallier à l’absence d’un « vaillant » soldat qui était alors pressenti pour le choix du corps, Auguste Thin est finalement entré dans l’Histoire un peu par hasard.

Devant lui se dressent 8 cercueils. Le jeune homme justifiera plus tard son choix : « Il me vint une pensée simple. J'appartiens au 6e corps. En additionnant les chiffres de mon régiment, le 132, c'est également le chiffre 6 que je retiens. Ma décision est prise : ce sera le 6e cercueil que je rencontrerai. »

Et tandis que le lendemain, le 11 Novembre 1920, le cercueil du Soldat inconnu amassait une foule considérable aux abords de l’Arc de Triomphe, Auguste Thin, quant à lui, était chargé d’enterrer les sept autres anonymes au cimetière du faubourg Paué, à Verdun.

Le Soldat inconnu ne fut mis en terre que le 28 janvier 1921. Afin d’honorer les morts tombés pour la France, une Flamme du Souvenir a été mise en place en 1923. Elle est ravivée tous les jours à 18h30 par des représentants d’Associations. La tradition perdure depuis, elle n’a jamais cessé même sous l’Occupation entre 1940 et 1944.

L’Arc de Triomphe, un choix évident pour les commémorations

Nous sommes le 2 décembre 1805 : Napoléon 1er remporte la bataille d’Austerlitz contre les austro-russes. Suite à cette bataille, l’Empereur, soucieux de faire ériger un monument rendant hommage à sa Grande Armée tout en soulignant son génie militaire, demande la construction de l'Arc de Triomphe en 1806. Tout d’abord symbole de l’Armée Napoléonienne, il devient peu à peu le symbole patriotique français. Il est aujourd’hui un lieu de commémoration et de recueillement.

La Flamme et la tombe du Soldat inconnu ont traversé les époques et continuent de symboliser le sacrifice de tous ceux qui, volontaires ou non, sont décédés pour défendre leur patrie et vivre ainsi dans un pays libre. Véritable symbole de l’espoir en l’avenir depuis la Seconde Guerre mondiale, la Flamme est perçue comme un devoir de mémoire, un souvenir à entretenir pour des générations loin d’avoir connu la guerre.

Le saviez-vous ?

L’idée d’une sépulture rendant hommage à une Nation a séduit d’autres pays touchés par la Grande Guerre : ainsi, la Belgique, le Royaume-Uni, l'Italie, les États-Unis, le Portugal, la Roumanie et le Canada ont eux-aussi édifié un monument à la gloire de leur Soldat inconnu tombé sur les champs de bataille d'Europe.

Commentaires

Chargement en cours...
Chargement en cours...

Chargement en cours...
Chargement en cours...