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Le deuil pathologique : comment le repérer et le soigner ?

Le 14 octobre 2014 15:30 par Dans Nos Coeurs

Face à la mort d'un proche, chacun de nous passe par des phases successives réunies sous le nom de « deuil ». Mais il arrive parfois que ce difficile cheminement vers l'acceptation de l'irrémédiable déraille…

On a trop souvent tendance à prendre le deuil pour un état alors qu'il s'agit plutôt d'un processus. Loin d'être figé, cet épisode si douloureux soit-il est en réalité un lent et laborieux mécanisme d'acceptation de la mort et de reconstruction de soi, au sein duquel les psychologues ont identifié plusieurs étapes clé. Sa fonction est de nous aider à trouver du sens à la perte d'un être cher pour apprendre à surmonter cette épreuve de la vie et à continuer son chemin malgré tout. Mais lorsque ce processus échoue, survient alors le deuil dit « pathologique ».

« Faire son deuil », un travail sur soi

C'est dans un article de Sigmund Freud, "Deuil et mélancolie", rédigé en 1915, qu'est apparue pour la première fois l'expression « Travail de deuil ». Le père de la psychanalyse le définit comme « la réaction à la perte d'une personne aimée ou d'une abstraction mise à sa place… ».

Confronté à la disparition de l'objet d'attachement, le sujet se voit contraint d'entreprendre un cheminement psychologique visant à dénouer un à un les liens qui l'unissaient au défunt, pour ne conserver que celui du souvenir apaisé… En temps normal, le processus de deuil se déroule en cinq phases :


  • le refus

  • la colère

  • la dépression

  • la régression

  • et l'acceptation,

qui sonne la fin du deuil. Toutes ont une fonction cruciale dans cette difficile mécanique psychologique et se succèdent sur environ une année.

Le deuil « compliqué », un deuil qui s'éternise

S'il n'y a pas de bons ni de mauvais deuils, il peut arriver que certains s'avèrent au fil du temps plus difficiles que d'autres, sans que cela ait nécessairement un lien avec le degré du lien qu'entretenaient la personne endeuillée et le défunt.

On parle de deuil « compliqué » lorsque le phénomène s'éternise : sans pour autant être pathologique, il suit les mêmes étapes que le deuil classique mais de façon beaucoup plus prolongée, empêchant la personne de reprendre le cours normal de sa vie dans la douzaine de mois généralement nécessaire à ce processus. Fréquent chez l'enfant et généralement assorti d'un fort sentiment de culpabilité, il ne relève pas de la dépression mais plutôt d'un trouble de l'attachement qui s'estompe peu à peu au fil du temps sans créer de désordres psychiques durables…

Le deuil pathologique, un deuil qui détruit

Plus inquiétants et plus profonds sont les stigmates laissés par le deuil pathologique, que l'on appelle aussi parfois « deuil inachevé ». Profondément impactée par la mort de son proche, la personne ne parvient pas à faire face et à envisager sa vie sans le défunt. Au lieu de se succéder, les phases du travail de deuil se brouillent et s'entrechoquent sans aller jusqu'au bout de leur cycle, engendrant une souffrance particulièrement intense exprimée par des propos et des conduites lourds de sens.

Bloqué dans son processus de résolution, l'individu va alors développer des troubles inquiétants comme la dépression chronique, des états délirants, une bipolarité, des troubles addictifs ou des hallucinations au sujet du défunt. Pour l'entourage, ces déraillements doivent mettre sur la piste d'un désordre affectif majeur qu'il convient de traiter rapidement avec l'aide d'un psychologue.



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